Une ferme brassicole norvégienne à flanc de paradis

La vue de la petite terrasse aménagée sur le terrain de la Holo Gardstun, dans la vallée de Flåm, dans l’ouest de la Norvège

Avertissement de difficulté: ce voyage brassicole est en partie inaccessible au public, puisque nous visitions des brasseurs maison, mais en partie ouvert à ceux prêts à faire des réservations à l’avance. Cette Holo Gardstun est un de ces endroits qui n’accepte que les visiteurs ayant appelés à l’avance. Une méthode qui leur donne, en moyenne, 400 visiteurs par année. Ce qui les satisfait pleinement.

Cachée à flanc de montagne dans une vallée à quelques kilomètres seulement d’un majestueux fjord où des bateaux de croisière se promènent lentement, la ferme Holo jouit d’une surprenante tranquilité. Même ceux qui ont l’audace de pousser leur visite dans les terres loin des lieux touristiques balisés de cette région paradisiaque ne pourront probablement pas voir que 1) il y a une ferme splendide ici, 2) que celle-ci offre un des repas les plus généreux, authentiques et absolument délicieux de la région et 3) l’homme de la maison est un brasseur!

Per Dale possède une brasserie traditionnelle assez semblable à celles de brasseurs que nous avions découverts dans la région de Voss. Il y brasse, une fois par année, une bière sur feu de bois dans des chaudrons de cuivre à l’aide d’une infusion de branches de genévrier, le tout dans une cabane à quelques pas des moutons de la ferme (pour voir la recette précise de cette bière, veuillez visiter le blog de Lars Marius Garshol, notre comparse norvégien pour ce voyage). Mais le reste de l’année, il brasse des bières d’inspiration anglaise dans un équipement beaucoup plus moderne situé dans la maison principale.

Même si la tradition du temps des Fêtes et sa passion pour l’histoire de son pays le motivent grandement à continuer à brasser cette bière, Per Dale avoue que c’est beaucoup facile, physiquement, de brasser des bières contemporaines. C’est pour cela qu’il préfère s’adonner aux IPA, Old Ale, Pale Ale, etc. Même que s’il n’avait pas insisté auprès de son père, il y a de ça quelques décennies, pour apprendre à brasser des bières traditionnelles, il n’en aurait tout simplement pas à offrir. À l’époque, son père a dû faire quelques exercices de mémoire afin de lui enseigner le tout, faisant appel à des souvenirs de propre son père au tournant du 20e siècle. Le grand-père de Per, donc, avait été le dernier brasseur de la famille à faire perdurer les traditions brassicoles de sa région. Normal que ce soit lui qui apparaisse sur les étiquettes ornant les bouteilles de la Holo Gardstun (disponibles seulement pour consommation sur place).

De la même table extérieure, on peut se pencher le cou quelque peu afin d’admirer un autre panorama à couper le souffle…

Toutes les bières auxquelles nous avons eu droit étaient d’une clarté remarquable, autant au niveau des malts que des houblons. La bière traditionnelle ne démontrait pas de notes fermentaires particulières au kveik, et s’apparentait donc à une variation plus caramélisée et verte (branches de genévrier) que ses propres bières plus modernes. Des partenaires parfaits pour la splendide cuisine de Lill, femme de Per, aussi simple qu’exquise. Inutile de dire que la viande de mouton est à l’honneur, sous plusieurs formes, et que le tout encore une fois est fumé au bois d’aulne. Un repas de charcuteries et d’agneau plus élégant mais tout aussi captivant que celui du Smalahovetunet dégusté quelques jours auparavant.

La porte de la brasserie traditionnelle de la Holo Gardstun

Question de compléter ce voyage dans le temps adéquatement, Per nous aida à retourner au village par la même piste qu’il empruntait afin d’aller à l’école. Ses grands-parents utilisaient le même chemin d’ailleurs et ce, jusqu’à l’âge vénérable de 80 ans environ, nous a-t-il confié. Aucune façon de se plaindre de cette méthode de retour au bercail après avoir appris ceci, vous en conviendrez…

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